Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Transition Energétique

La nécessité d’une transition énergétique est devenue de plus en plus prégnant pour freiner le réchauffement climatique. Inéluctable, avec l’effet de serre lié à l’augmentation du Co2 dans l’atmosphère, la hausse des températures peut mettre en danger notre biodiversité. L’amplification des catastrophes naturelles et l’intensité des dégâts associés en sont l’une des faces visibles de l’iceberg qui se rapproche.

  1. Définition
    La « transition énergétique » est un concept souvent utilisé pour désigner l’abandon progressif de certaines énergies (fossiles, parfois nucléaire) conjointement au développement d’autres énergies (renouvelables), accompagné notamment par des actions d’efficacité énergétique. Née dans les années 1980 en Allemagne, la notion de transition énergétique s’inscrit dans un contexte de plus grande prise en compte des enjeux environnementaux et climatiques.

     

    Outre cet aspect environnemental, la transition énergétique intègre une dimension économique et sociale et tend globalement vers un système énergétique plus « durable » au sens du « développement durable » défini dans le rapport Brundtland de 1987 de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU (« un mode de développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs »).
  2. En France, le cadre de la Loi de transition énergétique de 2015
    La notion de transition énergétique se traduit différemment selon les pays où elle est entreprise (avec un équilibre propre entre les dimensions environnementale, économique et sociale). la volonté de promouvoir un « mode de développement économique respectueux de l’environnement, à la fois sobre et efficace en énergie et en consommation de ressources et de carbone, socialement inclusif, soutenant le potentiel d’innovation et garant de la compétitivité des entreprises ».

     

    En matière de mix énergétique, cette loi fixe entre autres comme objectifs chiffrés : 
    • une réduction de la consommation primaire d’énergies fossiles de 30% d’ici à 2030 par rapport à 2012.
    • une montée en puissance des énergies renouvelables (EnR) pour que la part de ces dernières dans la consommation d’énergie finale atteigne 23% en 2020 et 32% en 2030.

    Titre 1 – Le texte fixe les grands objectifs de la transition énergétique et donne un horizon stable pour agir dès maintenant afin de réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 et de les diviser par quatre en 2050, de porter à 32 % la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique finale en 2030 et de diviser par deux la consommation d’énergie finale à horizon 2050.
    Titre 2 – Il introduit des dispositions permettant d’amplifier les travaux de rénovation énergétique des bâtiments pour économiser l’énergie, faire baisser les factures et créer des emplois. Les nouvelles constructions de bâtiments publics seront exemplaires et, chaque fois que possible, à énergie positive.
    Titre 3 – Développer les transports propres et la mobilité économe en énergie. Pour favoriser le déploiement en France des véhicules électriques et à faibles émissions, le renouvellement des flottes de l’Etat et de ses établissements publics devra comprendre 50% de véhicules propres. Le déploiement de 7 millions de bornes de recharge pour véhicules électriques et hybrides est également prévu. Une prime au remplacement d’un vieux véhicule diesel par un véhicule bénéficiant du bonus écologique est introduite sous condition de ressources.
    Titre 4 – Lutte contre le gaspillage, la réduction des déchets à la source et le développement de l’économie circulaire, en favorisant la conception innovante des produits et des matériaux ainsi que le tri et le recyclage.
    Titre 5 – Développement des énergies renouvelables pour diversifier la production et renforcer l’indépendance énergétique de la France. Il permet de valoriser toutes les ressources et de développer des filières industrielles d’avenir. Pour ce faire, l’Etat modernise le soutien aux énergies renouvelables. La simplification des procédures permettra de raccourcir les délais de réalisation. Le financement participatif de la production d’électricité et de chaleur contribuera à développer une nouvelle citoyenneté, individuelle, collective et territoriale. Le projet de loi modernise la gestion des concessions hydroélectriques, afin de mieux y associer les collectivités.
    Titre 6 – Renforce la sûreté nucléaire et l’information des citoyens dans ce domaine. Il prévoit également le plafonnement de la production d’électricité d’origine nucléaire en France à 63,2 GigaWatt, et fixe une part du nucléaire dans l’électricité de 50 % à l’horizon 2025.
    Titre 7 – Il simplifie et clarifie les procédures pour gagner en efficacité, en compétitivité et en maîtrise des coûts et permettre à la législation française de faire converger protection de l’environnement et montée en puissance des énergies renouvelables.
    Titre 8 – Il établit le cadre qui va permettre aux citoyens, aux territoires, aux entreprises et à l’État d’agir ensemble pour la transition énergétique et la croissance verte. Une programmation pluriannuelle de l’énergie établira les priorités d’action des pouvoirs publics pour la gestion de l’ensemble des énergies. La contractualisation sur les objectifs à atteindre donnera la possibilité aux entreprises et aux filières concernées de s’engager en ayant de la visibilité. La transparence sur les coûts de l’énergie permettra aux pouvoirs publics de faire les meilleurs choix dans l’allocation des ressources publiques. Les tarifs sociaux de l’électricité et du gaz seront élargis à toutes les énergies du logement grâce au chèque énergie. Les régions sont invitées à intervenir pour favoriser la transition énergétique dans les territoires, en appui des intercommunalités. Dans les outre-mer, les collectivités pourront adapter les règles en matière d’énergie pour valoriser leur potentiel, renforcer leur autonomie énergétique et développer les énergies renouvelables.

  3. Dans d’autres pays

    En Allemagne, l’Energiewende, amorcée au début des années 2000, suit une trajectoire radicale en faveur des EnR incluant aujourd’hui une sortie totale du nucléaire. En Finlande, la transition énergétique privilégie en revanche toutes les énergies décarbonées et notamment l’énergie nucléaire comme l’atteste la construction d’un EPR dans ce pays

  4. La transition écologique

    La transition énergétique est parfois présentée comme un volet de la « transition écologique » qui couvre d’autres thématiques telles que la préservation des écosystèmes et des ressources en eau. Précisons qu’une transition énergétique se mesure en décennies, compte tenu de la grande inertie du système énergétique (ce dernier connaissant une transition énergétique continue depuis près de deux siècles).

REDACTEUR : Groupe de Travail Energétique - Thierry ALQUIERE

Lettre d'information